Vendredi 15 février 2008
Tout comme à moi, il vous est sans doute arrivé, en lisant un livre d'entendre ce que j'appelle la petite musique des mots...
Vous commencez un paragraphe, vous lisez un mot, puis deux, puis la phrase qu'ils sont en train de former, et petit à petit, vous entendez une musique, quelque chose qui tinte doucement dans votre mémoire et vous fait chaud au coeur: une petite chose enfouie très loin revit.
Voici encore un extrait de "Trois chevaux " de Erri de Luca.
"Je bêche sous les lauriers. De leurs feuilles épaisses, toujours vertes, ils protègent les moineaux qui, le soir, se disputent la place la plus chaude près du tronc. Ils se disputent pour vivre. Puis ils ont un murmure de mise en ordre, je pense qu'ils prient.
Ce n'est qu'au printemps que je taille les lauriers, quand ils ne servent plus d'abri aux moineaux."
Il se trouve que nous avons un laurier sous la fenêtre de notre cuisine et que depuis des années il m'est souvent arrivé d'écouter, au coucher du soleil, le remue-ménage des moineaux s'installant pour la nuit. Mais depuis ma lecture, nous ne taillons les lauriers qu'au printemps .
